Du coté subjectif...

Pensées vagabondes

  • Les penseurs, les sociologues, les philosophes, les historiens, les intellectuels se demandent ce qui caractérise nos sociétés “modernes”. La réponse qui me semble la plus raisonnable est l’émergence de l’esprit médiocre.
  • Quel devenir pour la réflexion quand le sérieux devient spectacle et que le spectacle devient sérieux?
  • La paix de l’esprit passe par trois choses: la solitude, l’introspection et prendre son temps.
    Dans les trois cas, nos sociétés nous invitent à l’inverse: être constamment “connectés”, s’occuper des affaires des autres et du monde, ne jamais connaître l’oisiveté ou la lenteur.
  • Les catégories, les disciplines, les méthodes sont des reflets de l’incapacité humaine à percevoir, considérer, comprendre et observer le monde dans sa globalité. Elles en sont à la fois les reflets et à la fois les coresponsables. Nombreuses sont les chaînes qui se brisent dès lors simplement que nous les découvrons et désirons honnêtement nous libérer d’elles. Encore faut-il vouloir et savoir découvrir, désirer honnêtement, et être libre
  • Avoir une opinion n’est pas savoir. C’est penser savoir en imaginant connaître.
  • Seul l’état d’esprit donne vie et réalité à la défaite. Il n’y a pas de défaite tant qu’elle n’est pas pensée comme telle et tant que la vie est perçue comme un processus continu, global et dynamique.
  • Les nobles objectifs et les chemins que l’on prend pour les réaliser se ressemblent. Jamais un but honorable ne prend un chemin malsain et vicieux.
  • La réflexion ne doit pas être un prétexte à l’immobilisme et à l’inaction.
    La volonté de se tenir dans l’action ne doit pas être prétexte à faire n’importe quoi.
  • Ce que l’on fait de bien pour de bonnes raisons n’est jamais vain. On le retrouve toujours devant soi tôt ou tard même si les résultats ont été de prime abord devants, douloureux ou invisibles.
  • La seule quête de vérité qui vaille, c’est celle de se demander au moment d’être, de faire ou de penser, à quel point nous sommes véridiques avec nous même.
  • L’indifférence quotidienne et socialement bien acceptée pour la vie animale qui constitue une cruauté “douce”, vient démontrer l’infâme terreau sur lequel nous construisons notre sens de la justice et de la “tolérance”.
  • Il n’y a pas de réelle difficulté ni gloire dans l’élaboration artificielle de la complexité. En revanche, épurer demande du temps et de la finesse. Désapprendre ne signifie pas oublier mais s’éloigner de la simple accumulation générée par l’apprentissage simple, pour ne garder que la substance essentielle et pouvoir ainsi continuer à s’émerveiller.
  • Sortir des rôles attendus expose toujours à la foudre de ceux qui attendent obéissance, reproduction et conformité. S’aventurer hors des espérances qui sont les leurs, c’est voir sous des angles nouveaux, instinctifs et différents à condition que la démarche ne soit pas mue par autre chose que la sincérité et la curiosité de l’enfant qui découvre.
  • Le “spécialiste” qui se satisfait d’une terminologie complexe, inaccessible et tape à l’oeil devrait d’abord se pencher sur ses propres complexes avant de vouloir comprendre et interroger la complexité du monde.
  • Les études supérieures ne demandent aucune forme particulière d’ intelligence et d’habileté autre que celle de comprendre rapidement ce que l’on attend que vous disiez, tout en sachant garder son intégrité et sa dignité.
  • Le drame du fascisme, c’est que l’Histoire n’immunise pas contre lui pour la simple raison que le fascisme n’est jamais considéré comme tel par soi à l’instant “T”, mais toujours à posteriori par l’autre.
  • Les structures terroristes ont la capacité de binariser la pensée et de disqualifier toute forme de complexité. Il serait une erreur de croire que cet effet agit seulement sur les acteurs violents.
  • L’aliénation et la stagnation débutent lorsque l’Homme se soumet à ses propres créations. Nous ne devrions servir ni l’art, ni la culture, ni les sciences, ni les voies, ni les méthodes, ni les systèmes, mais au contraire garder à l’esprit qu’ils sont à notre service et que nous en sommes à l’origine.
  • L’antagonisme de la connaissance n’est pas la “non-connaissance”: c’est l’opinion, c’est à dire imaginer connaître.
  • Le développement de la communication dans nos sociétés actuelles a déshumanisé l’individu. Il n’y a plus de place pour l’erreur, la contradiction, l’hésitation ou même la réflexion spontanée.  Nous devenons des êtres linéaires, froids, méthodiques, mécaniques, inflexibles et réclamons de nos penseurs et de nos décideurs, parfois de nous-mêmes, ces “qualités” qui font davantage de nous des automates que des êtres doués de sensibilité.

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :