Mieux penser “le radicalisme” et “la radicalisation” ?

Mieux penser “le radicalisme” et “la radicalisation” ?

Les études et les discours sur le radicalisme et la radicalisation en France sont minés par deux choses : la croyance en un « universalisme radical » qui fait en sorte que nous pensons que ce qui est “radical” l’est naturellement et pour tout le monde, et la polarité artificielle qui fait que l’altérité est perçue comme une entité naturelle, autonome, à la violence immuable.

Les raisons sous-jacentes, conscientes ou non, demeurent:

  1.  La posture ethnocentrique : « Ce que je pense est vrai parce que JE le pense; ce que nous pensons est la vérité parce que nous le pensons ».
  2.  La volonté de mettre à distance l’autre, le barbare porteur de toutes les tares imaginables, y compris de projeter sur lui les nôtres.

En réalité il s’agit là d un invariant anthropologique, c’est-à-dire que nous retrouvons cela dans toutes les cultures, chez tous les « peuples ». Finalement, pour mieux pouvoir aborder le phénomène du rigorisme religieux (radicalisme) et de l’activisme violent (radicalisation), il faudrait d’abord que des ethnologues, pourquoi pas étrangers, puissent venir nous étudier dans nos manières d’être, de faire, de sentir l’autre afin d’avoir un feed-back sur nous-mêmes.

L’accepterions-nous sachant que l’ethnologie est avant une discipline occidentale qui, historiquement, souhaitait comprendre les peuples et sociétés « primitives » ? Sachant que nous sommes les « Lumières » ?


De l’utilité des écrits discursifs des sciences sociales.

Pourquoi écrit-on? Plus précisément pour qui écrit-on ? Et plus spécifiquement encore, quelle est l’utilité des écrits scientifiques discursifs sur certaines problématiques en lien avec les sciences sociales par exemple, ou à propos de problématiques humaines plus globalement ?

Eveiller les consciences ? Probablement. Les consciences de qui ? Qui sont les récepteurs des discours scientifiques ou académiques. La plupart du temps ce sont les scientifiques eux-mêmes. D’ailleurs la tradition académique, du moins au sein des sciences sociales, met un point d’honneur à ne pas se faire comprendre du profane.

Les destinataires peuvent parfois être politiques avec donc une “utilité” qui peut être plus directe ou concrète mais pas automatique.

Parfois les destinataires peuvent être un public non-spécialiste mais manifestant de l’intérêt pour ce type de discours.

Dans tous les cas, les récepteurs sont restreints.

Le changement des mentalités passe davantage par le cinéma ou le spectacle à travers, d’une part une capacité à mobiliser les masses de manière plus conséquente, et à travers la sollicitation de leviers imaginaires et émotionnels. Les changements ne passent généralement pas par la sociologie, l’histoire, la psychologie ou l’anthropologie même si ces disciplines peuvent être plus proches des réalités de terrain.

En définitive, quelle est la valeur concrète des productions discursives scientifiques au regard de certaines problématiques humaines si elles ne sont ni audibles, ni rependues ou non prévues pour être diffusées et portées à la connaissance de tous ?


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