You are currently viewing La croyance en la science : réflexion sur un paradoxe.

La croyance en la science : réflexion sur un paradoxe.

La science relève majoritairement de la croyance. Cela peut surprendre, mais dans bien des cas c’est vrai. D’ailleurs, on croit en la science. Il faut croire en la science nous disait-on encore il y a peu. Hier au sujet du Covid par exemple, aujourd’hui au sujet du réchauffement climatique, et plus précisément du changement climatique.

Bien sûr, ceux qui la pratiquent savent que la science, c’est avant tout des vérités éprouvées. Et encore! Des vérités transitoires.

D’ailleurs, la science n’étant pas un ensemble homogène, il y a sciences et sciences. En sciences “dures” ou plus “exactes”, le principe est celui de la réfutabilité. En sciences humaines et sociales, le principe est celui de la plausibilité. On peut ainsi prouver l’orbite d’une planète ou d’un corps, on ne peut pas prouver l’inconscient ou le subconscient.

La science, cela s’éprouve. Cela se vit. Lorsqu’on y croit seulement, on ne fait que lui faire confiance, aveuglément. En ce sens, quelle différence entre la science et une religion ? Non que la religion soit un mode de penser inférieur, ou immature, mais qu’elle suggère la confiance sans condition. Une confiance en une vérité fixe et essentielle.

Le réchauffement climatique, que nous avions pris en exemple, relève, dans bien des cas, de la religion (dans son aspect sociologique du moins). Il faut l’affirmer, prêcher, en rependre la parole. Et gare aux mécréants qui en subiront le châtiment prochain… Pour un sociologue, le lien entre eschatologie religieuse et récits sur le changement climatique est remarquable.

Il ne s’agit pas de discuter de la réalité ou non du changement climatique, ou de l’activité humaine et ses impacts sur la biosphère. En tant que sociologue, je ne m’intéresse pas au fond, mais aux comportements.

Aussi, combien sont ceux qui jurent le changement climatique sans ne strictement rien connaitre aux travaux sur la question, sans ne connaitre aucun auteur, aucune conclusion, aucune méthode, aucune discipline ?

Finalement, on peut croire en la science sans pour autant être soi-même un expert. Mais dans ce cas là, nous faisons confiance à des prophètes, à des églises, des messagers, à des prêcheurs en blouse cette fois, vis-à-vis de qui nous croyons en la bonne parole…

Là où le sot verra dans ces propos du climatoscepticisme, l’esprit plus vigilant y verra un appel à l’éducation scientifique. D’autres comprendront que l’être humain n’est finalement bon qu’à recycler… son histoire, et ses idées.

(À la mémoire de Bounty)

Redwane El Bahar

Doctorant en sociologie, je mène une thèse intitulée : "radicalité, radicalisme et radicalisation en lien avec un contexte islamique en France.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.